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« Internet plus sûr » : l’UNICEF alerte sur les risques numériques qui menacent les jeunes

À l’occasion de la Journée pour un Internet plus sûr, célébrée le 10 février, l’UNICEF renouvelle son plaidoyer pour une protection renforcée des enfants et des adolescents face aux dangers du monde numérique.

Le thème de l’édition 2026 de la Journée pour un Internet plus sûr, « des technologies intelligentes, des choix sûrs », met l’accent sur la responsabilité collective dans l’usage de l’intelligence artificielle et des outils numériques. L’UNICEF appelle à un renforcement des cadres juridiques, des politiques publiques et des pratiques des entreprises technologiques afin de garantir un environnement en ligne sécurisé, inclusif et éducatif pour les enfants et les adolescents. En République centrafricaine, comme dans de nombreux pays en développement, l’essor des usages numériques transforme profondément les trajectoires éducatives et sociales de la jeunesse, entre promesses d’émancipation et vulnérabilités nouvelles.

Avec un taux de pénétration d’Internet estimé à environ 14 %, la République centrafricaine reste faiblement connectée en moyenne. Cette donnée masque toutefois une réalité contrastée dans les centres urbains, où une classe moyenne émergente accède de plus en plus tôt aux smartphones et aux réseaux sociaux. Les enfants et les adolescents grandissent désormais dans un univers façonné par les écrans, les plateformes sociales et les notifications permanentes, faisant du numérique un élément structurant de leur quotidien.

Responsabilité numérique

Mirabelle Yotoli, 19 ans, étudiante en droit à Bangui et jeune ambassadrice de l’UNICEF, incarne cette génération. Selon son témoignage à l’UNICEF, elle a reçu son premier téléphone à 17 ans, avant de passer à un smartphone connecté à Internet un an plus tard. Elle observe chez ses camarades une dépendance croissante aux écrans, parfois dès 12 ou 13 ans, et alerte sur les usages déviants liés à la recherche de réponses rapides aux devoirs scolaires, sans réel apprentissage. Elle raconte le cas d’un camarade qui copiait systématiquement ses travaux depuis des outils d’intelligence artificielle, jusqu’à être incapable de les expliquer en classe, révélant les limites d’un numérique utilisé sans esprit critique.

Pour de nombreux jeunes centrafricains, le numérique représente une opportunité réelle d’ouverture sur le monde : apprendre de nouvelles langues en ligne, suivre l’actualité internationale grâce à Internet, utiliser le web pour des recherches académiques et pour maintenir les liens sociaux via les groupes de discussion. Derrière ces opportunités, se cachent cependant des dangers bien réels. Fatigue mentale, isolement social, dépendance aux écrans et anxiété numérique s’ajoutent à des risques concrets tels que le cyberharcèlement, le piratage de comptes et les tentatives de prédation numérique. Face à ces dangers, il est essentiel d’aller vers la culture de la responsabilité numérique. Ainsi, la sécurisation des comptes, la gestion des paramètres de confidentialité et la capacité à identifier les comportements abusifs deviennent des compétences essentielles.

Avec le thème choisi, la Journée pour un Internet plus sûr met en lumière une réalité centrale : le numérique est devenu un pilier du développement éducatif et social des jeunes, mais aussi un espace de vulnérabilités nouvelles. Il est à la fois un outil d’émancipation, un accélérateur de savoir et un facteur de risque lorsqu’il n’est pas encadré. L’enjeu n’est plus seulement l’accès à la technologie, mais sa gouvernance, son encadrement et son usage responsable. La protection des enfants et des adolescents en ligne s’impose désormais comme une priorité éducative, sociale et politique, rappelle l’UNICEF.

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