Ce projet stratégique, développé avec l’appui du Rwanda dans le cadre d’une coopération, vise à améliorer la transparence, réduire les lenteurs administratives et renforcer l’efficacité de la dépense publique dans un secteur représentant jusqu’à 15 % du PIB national.
Plusieurs pays africains emploient les grands moyens pour entrer en phase avec les transformations numériques. En guinée, une réforme majeure a été effectuée pour les marchés publics. En effet, avec la plateforme TELEMO, les autorités guinéennes entendent moderniser en profondeur la gestion des marchés publics. Désormais, les appels d’offres, les dépôts de candidatures, les évaluations des soumissions et l’attribution des contrats seront entièrement traités via une plateforme numérique centralisée. Le chef de projet TELEMO, Mouslihou Diallo, a insisté sur l’objectif principal de cette réforme. Selon lui, le système doit garantir une gestion « fiable et sécurisée » des marchés publics, avec une traçabilité complète des opérations afin d’assurer une transparence totale.
Il a également souligné que la plateforme se veut inclusive, en permettant aux entreprises nationales comme internationales d’accéder plus facilement aux opportunités offertes par la commande publique guinéenne. Cette digitalisation représente une rupture importante avec les procédures administratives traditionnelles, souvent critiquées pour leur lenteur et leur manque de visibilité.
Une stratégie économique pour renforcer l’attractivité du pays
Au-delà de l’aspect technologique, TELEMO s’inscrit dans une stratégie plus globale de modernisation des finances publiques et d’amélioration du climat des affaires en Guinée. Les marchés publics constituent un pilier économique majeur dans le pays. Selon les données officielles, ils représentent entre 11 % et 15 % du produit intérieur brut guinéen. À l’échelle ouest-africaine, la Banque mondiale estime que la commande publique pèse près de 80 milliards de dollars chaque année, soit environ 11,5 % du PIB régional.
À travers cette réforme, les autorités espèrent également stimuler la participation des PME locales aux appels d’offres publics. L’accès numérique aux procédures pourrait réduire certaines barrières administratives et favoriser une concurrence plus large. La coopération avec le Rwanda, souvent cité comme référence africaine en matière de digitalisation administrative, illustre par ailleurs l’ambition de la Guinée de s’aligner sur les standards de gouvernance les plus performants du continent.
Le fonctionnement numérique de TELEMO doit permettre une meilleure traçabilité des opérations liées aux marchés publics. Chaque étape du processus est enregistrée et archivée de manière sécurisée, limitant ainsi les risques d’irrégularités ou de pertes de documents. Les autorités misent aussi sur une réduction significative des délais administratifs grâce à l’automatisation des procédures. Cette évolution pourrait renforcer la confiance des investisseurs et améliorer l’image économique du pays auprès des partenaires internationaux. En centralisant toutes les données relatives aux marchés publics, l’État guinéen cherche enfin à disposer d’outils de suivi plus efficaces pour optimiser la gestion des dépenses publiques.



