Le Rwanda prépare une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. En effet, le gouvernement rwandais travaille sur un projet de loi visant à limiter l’accès des mineurs aux plateformes numériques, a indiqué la ministre des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire, le 29 avril 2026. Avec cette loi, les enfants ne pourraient plus créer de comptes ni accéder à réseaux sociaux ou plateformes comme Facebook, Instagram ou YouTube. Le dispositif envisagé repose sur une coordination entre fournisseurs d’accès à Internet, plateformes digitales et parents. L’introduction d’un système national d’identification numérique est également à l’étude pour vérifier l’âge des utilisateurs.
Cette initiative s’appuie sur des données préoccupantes. Selon les informations issues d’une étude nationale, près de 46 % des élèves rwandais utilisent déjà des services numériques via leur téléphone, souvent sans supervision. Plus inquiétant, entre 30 % et 35 % d’entre eux signalent des troubles liés à l’usage des réseaux sociaux, notamment des difficultés de concentration et des formes d’anxiété.
La démarche du Rwanda s’inscrit dans une politique plus large amorcée ces dernières années. Pour mémoire, en 2025, le pays de Paul Kagame, a adopté une stratégie nationale de protection de l’enfance en ligne, renforçant la surveillance des contenus et la coopération avec les acteurs du numérique. Ce cadre est soutenu par des lois sur la cybersécurité et la protection des données intégrant des dispositions spécifiques pour les mineurs.
Au-delà des frontières rwandaises, plusieurs États africains s’engagent dans une voie similaire. Le Gabon a récemment fixé à 16 ans l’âge minimum pour accéder aux réseaux sociaux, avec des mécanismes d’identification renforcés. Le Zimbabwe envisage des restrictions encore plus larges, visant les moins de 18 ans. De son côté, le Nigeria mène des consultations pour instaurer des limitations d’âge, tandis que l’Égypte explore des pistes réglementaires face à la prolifération de contenus jugés nocifs. Ces initiatives convergent vers une volonté commune, portée notamment par l’Union africaine, de renforcer la sécurité numérique des enfants sur le continent.



