Lancée en 2020 à Brazzaville, DigiPay Group s’impose comme un acteur innovant dans le secteur des transferts financiers entre l’Afrique et le reste du monde. Derrière cette initiative se trouve l’entrepreneur congolais Gachlem Ngassaki-Zoni, qui a fait de la rapidité des transactions, son principal levier de différenciation sur un marché longtemps dominé par les géants traditionnels.
Dès sa création, la fintech a adopté un modèle hybride capable de répondre aux besoins des entreprises comme des particuliers. Son système permet de relier les grands opérateurs internationaux de transfert d’argent aux comptes mobiles et bancaires africains. En pratique, DigiPay agit comme une passerelle technologique qui facilite l’acheminement des fonds vers plusieurs pays africains, avec un traitement quasi instantané.
Son fonctionnement repose sur une infrastructure numérique conçue pour simplifier l’expérience utilisateur. Lorsqu’un transfert est initié depuis une plateforme internationale, DigiPay prend en charge le routage du flux jusqu’au bénéficiaire final. Les fonds sont ensuite crédités directement sur des portefeuilles mobiles tels que Orange Money, M-Pesa ou sur des comptes bancaires, sans passage par le cash. « Si un client envoie de l’argent via Western Union, Western Union se connecte à DigiPay via son réseau de partenaires pour router les flux vers la RDC. Sur place, nous dénouons ces transferts et les créditons directement sur les comptes mobiles ou bancaires », explique Gachlem Ngassaki-Zoni, comme le rapporte le média Forbes Afrique. Ce choix permet de réduire les délais, mais aussi de renforcer la sécurité des transactions.
Même si l’entreprise conserve des agences physiques à Brazzaville, Kinshasa et Pointe-Noire, l’expérience client reste largement digitalisée. Les opérations sont enregistrées sur tablette, validées électroniquement puis traitées en quelques secondes par le back-office. Cette combinaison entre présence terrain et innovation numérique constitue l’un des piliers de sa croissance.
Une application mobile au service des transferts Europe – Afrique
En mars 2026, DigiPay a franchi une nouvelle étape avec le lancement de DigiTransfer, son application mobile destinée aux transferts depuis l’Europe vers la République démocratique du Congo et la zone CEMAC. Cette solution vise à créer un corridor financier direct entre les diasporas africaines et leurs proches restés sur le continent.
L’expansion du groupe suit une stratégie prudente. Après la République du Congo et la RDC, l’entreprise a enregistré des filiales en Côte d’Ivoire, au Cameroun, en Afrique du Sud, au Royaume-Uni et au Canada. Pour 2026, la société prévoit de rendre pleinement opérationnelles ses entités ivoirienne et canadienne afin de renforcer sa présence internationale, explique Gachlem Ngassaki-Zoni.
Aujourd’hui, DigiPay traite plus de 200 000 transactions mensuelles en RDC, pour un volume annuel estimé à 250 millions de dollars. Dans un secteur évalué à près de 2 milliards de dollars dans le pays, l’entreprise détient déjà une part significative du marché. Sa capacité à finaliser un transfert en moins de dix secondes lui permet de répondre efficacement aux besoins des populations non bancarisées et des petites entreprises dépendantes de paiements rapides.
Un regard tourné vers le futur
Au-delà du transfert d’argent, DigiPay prépare déjà son prochain virage stratégique. Son fondateur ambitionne de transformer l’entreprise en néo-banque panafricaine dans les prochaines années. L’objectif serait alors de proposer, sur une seule plateforme, des services financiers complets destinés aussi bien aux particuliers qu’aux PME, avec une promesse claire : rendre la banque accessible partout où l’électricité et la connexion mobile existent.
À l’image de plusieurs fintechs africaines émergentes, DigiPay dépasse les contraintes de distance et transforme les échanges financiers en Afrique. En misant sur la rapidité et la digitalisation, l’entreprise contribue à rendre les services financiers plus accessibles à des milliers d’utilisateurs. Cette dynamique renforce progressivement l’inclusion financière sur un continent en pleine mutation numérique.



