La Guinée accélère la modernisation de son agriculture. Les autorités ont officiellement lancé une plateforme numérique dédiée à la gestion des intrants agricoles. Un outil stratégique destiné à améliorer l’accès des producteurs aux engrais et semences, dans un secteur qui mobilise près de 58 % de la population active et représente un pilier majeur de l’économie nationale. Lancée le 15 janvier à Conakry, cette initiative portée par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, la nouvelle plateforme vise à centraliser la commande, la distribution et le suivi des intrants agricoles.
Elle se veut un instrument de transparence et de pilotage, capable de corriger les dysfonctionnements persistants de la filière, notamment les retards de livraison, les problèmes de qualité et les disparités d’accès entre producteurs. Développée avec l’appui du Projet de production alimentaire d’urgence (PPAU), financé par la Banque africaine de développement (BAD), cette solution numérique constitue un élément clé de la stratégie nationale de fourniture durable des intrants. Elle marque un tournant dans la manière dont l’État guinéen entend encadrer et structurer ce segment essentiel.
Vers une agriculture plus performante et traçable
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des États généraux du secteur agropastoral organisés en 2024. L’agriculture guinéenne, qui contribue à environ 30 % du PIB, repose majoritairement sur de petites exploitations à faible rendement. Selon la FAO, l’utilisation d’engrais demeure nettement inférieure à la moyenne africaine, limitant la compétitivité des filières et les revenus des agriculteurs. À ces contraintes, s’ajoutent des coûts élevés, des circuits de distribution peu structurés et une forte exposition aux aléas climatiques.
En utilisant le numérique comme levier, la Guinée ambitionne une meilleure allocation des intrants, une réduction des coûts logistiques et un ciblage plus précis des politiques de soutien. La plateforme pose également les bases d’une agriculture plus connectée, ouvrant la voie à des services complémentaires comme l’identification des producteurs ou le suivi des performances des filières. À terme, cette digitalisation pourrait devenir un levier majeur pour renforcer la productivité, sécuriser les approvisionnements et accompagner la transformation durable de l’agriculture guinéenne.



