Le 28 janvier 2026 marque la célébration de la Journée mondiale de protection des données. A l’instar de plusieurs pays et organisations, le Bénin à travers l’Autorité de Protection des Données Personnelles (APDP) n’est pas resté en marge de cette célébration. Après une conférence de presse dans la matinée, l’autorité a réuni experts, autorités compétentes et responsables des hôtels et supermarchés pour un atelier de formation autour du thème : « Protection des données personnelles collectées par système de vidéosurveillance ».
Le choix de la thématique est motivé par la prolifération des caméras de surveillance dans des lieux comme les hôtels et les supermarchés, sans une autorisation préalable. « Le thème de cet atelier, la protection des données personnelles enregistrées par système de vidéosurveillance, est particulièrement pertinent dans le contexte social actuel où la présence des systèmes de vidéosurveillance est devenue extrêmement courante », a affirmé Dr Luciano Hounkponou, président de l’APDP. En effet, ces technologies, bien qu’elles apportent des bénéfices indéniables pour la sécurité publique, soulèvent des interrogations fondamentales sur la protection de la vie privée, la gestion des données ainsi que leur traitement approprié. Les caméras et les systèmes de vidéosurveillance sont désormais omniprésents dans les villes, dans les cités, dans les lieux de travail et même dans les foyers, tant pour assurer la sécurité que pour surveiller nos comportements quotidiens.
Toutefois, « nous sommes tous conscients que la sécurité ne doit pas se faire au détriment de notre droit fondamental à la vie privée », a affirmé le Président. La Journée mondiale de protection des données est « d’une importance considérable car elle nous offre l’opportunité de réfléchir en profondeur et d’agir sur les enjeux importants que pose la protection de notre vie privée dans un monde où les technologies avancent à une vitesse défiant notre capacité à nous adapter », a soutenu le Président de l’APDP. En mettant un accent sur l’importance du thème choisi, il a rappelé un constat déplorable : « 90 % de ceux qui exploitent les vidéosurveillances n’en connaissent pas le cadre juridique ».
Se conformer à la législation en vigueur
Le président de l’APDP a invité les responsables des établissements ciblés à prendre connaissance du cadre juridique et à se conformer aux lois en vigueur. Shadiya Alimatou Assouman, Ministre de l’Industrie et du Commerce du Bénin a souligné que cet événement représente une plateforme essentielle pour discuter d’un sujet qui touche à la fois à la liberté individuelle dans notre société moderne. « Dans un monde où la technologie s’intègre de plus en plus dans nos vies quotidiennes, il est impératif d’examiner non seulement les avantages qu’offre la vidéosurveillance, mais également les implications que cette technologie peut apporter sur le reste de la vie des individus, en particulier dans les espaces publics, tels que les supermarchés et les autres centres de commerce », a déclaré la ministre.
« Cependant, il est essentiel que cette technologie soit déployée avec prudence, en respectant les droits fondamentaux des consommateurs, en protégeant leurs données personnelles », a ajouté la ministre. Elle reste convaincue que les acteurs du secteur privé doivent prendre des mesures proactives pour s’assurer que l’utilisation de la vidéosurveillance soit conforme aux lois et règlements en vigueur, tout en respectant les droits des clients. La sensibilisation des acteurs commerciaux et des consommateurs, la création des canaux de communication ouverts entre les autorités, les entreprises et le public, et les retours d’expériences des consommateurs sont entre autres des pistes à explorer afin de créer un cadre où la sécurité et la protection des données personnellement identifiables coexistent harmonieusement.
Jean-Michel Abimbola, ministre du tourisme, de la culture et des arts, par la voix de Gwaladys Gandaho, sa représentante, a rappelé que « la vidéosurveillance ne doit jamais être un regard sans conscience ni une mémoire sans morale. Elle doit rester un outil au service de la sécurité collective sans devenir une atteinte silencieuse aux libertés individuelles. » Il a affirmé l’engagement de son ministère aux côtés de l’APDP et de l’ensemble des partenaires, afin que « cette culture de la protection devienne un réflexe, une exigence et une valeur. » Il faut noter que l’atelier de formation a été alimenté par deux sous-thèmes ou modules : « La problématique de la protection des données personnelles : Focus sur la vidéosurveillance » animé par Delphin Tamadaho, Conseiller technique juridique de l’APDP et « l’Autorité de Protection des Données Personnelles (APDP) et le processus de mise en conformité » animé par Mariannick Ouendo, Responsable du service conformité de l’APDP.
Les établissements utilisant des systèmes de vidéosurveillance sans maîtriser le cadre juridique sont invités à prendre connaissance des lois en vigueur et à s’y conformer. Le code du numérique fait obligation à toute personne physique ou morale de déclarer son système de vidéosurveillance auprès de l’APDP. Contactez l’APDP au 150, « C’est un numéro gratuit. On n’a pas besoin d’avoir du crédit d’un centre électronique pour appeler ce numéro », a confirmé le président de l’APDP. Un accès à Internet est également disponible via l’adresse contact@apdp.bj, sans oublier le déplacement dans les bureaux de l’Autorité à Cotonou.
Elisée Anani



